Pirates

Mon blog a été piraté je ne sais quand par je ne sais qui. Des articles entiers ont été remplacés par des textes bourrés de liens que je me suis abstenu de suivre. J’ai fait le ménage en supprimant ces faux articles. La dernière mise à jour de WordPress a également été appliquée, en espérant qu’elle contient les protections empêchant le retour de ces attaques.

Ces articles ont été perdus. Il s’agit des plus récents, postérieurs au dernier billet publié en date du 1er novembre de l’an dernier. Mon hébergeur conserve des sauvegardes, mais le temps d’apprendre comment les récupérer et retrouver ce qui manque me paraît disproportionné en comparaison de l’intérêt des articles eux-mêmes. Bien entendu, le site Wayback Machine permet de remonter dans le temps d’une quantité de sites web. Hélas, la dernière photographie du mien a été faite le 31 octobre dernier.

En définitive, c’est Google qui m’a sauvé la mise. J’ai fait une recherche à l’aide de mots clés figurant dans les articles perdus et ils étaient répertoriés. En cliquant sur le petit triangle vert, on peut accéder à ce qui est en cache. Je suis à la fois reconnaissant et un peu inquiet : rien ne se perd, clairement !

J’étais content de retrouver la citation du Cercle qui se trouve vers la fin du roman de Dave Egger, parce qu’elle parle des dérives qui sont toujours plus évidentes dans le monde d’Internet. C’était assez visionnaire au moment où cela a été écrit. Et j’ai aussi retrouvé le billet dans lequel j’annonçais que mon roman est parti chez mes relecteurs. Il est maintenant de retour, j’y reviendrai.

Moralité : je dois garder une version locale des textes que je publie, et veiller plus soigneusement aux mises à jour de WordPress. Sauvegarde, sauvegarde, et pas seulement sur le mode automatique.

Et j’ajoute qu’il y a des problèmes ailleurs : en ce moment, le train dans lequel je me trouve ne peut pas continuer sa route en raison d’un dérangement technique à la locomotive. On entend un chef de train faire des annonces d’une voix stressée au haut-parleur.

Mise à jour ou subversion ?

Cela faisait quelque temps que la petite alerte des mises à jour de WordPress se manifestait et j’ai pris le temps de m’en occuper. D’abord en sauvegardant tous les fichiers du site sur mon ordinateur, puis en regardant comment je pourrais sauvegarder mes bases de données. Finalement, j’y ai renoncé : j’ai trouvé des sauvegardes automatiques dans certains dossiers du serveur et je me suis dit que le programme faisait probablement le nécessaire à mon insu. C’était plus simple et moins courageux que de me lancer dans l’installation et le paramétrage de phpMyAdmin.

Ensuite, j’ai procédé à une mise à jour manuelle, car j’ai eu des problèmes la dernière fois que j’ai essayé l’automatique. En suivant scrupuleusement les indications du codex, j’y suis parvenu sans difficulté. Juste un zeste d’appréhension : si ça foire, plus de site sur le World Wide Web.

Mais bon, Au Damassinier tourne désormais sur la version 3.5.2 de WordPress et je peux aborder l’étape suivante :

Étape 3: Faites-vous Plaisir !

Si vous avez un système de cache en place, videz-le afin que les changements apparaissent plus rapidement pour vos utilisateurs. Vous pouvez vérifier que le cache renvoie la bonne version avec le numéro de version affiché en bas de page.

C’est terminé ! Félicitations ! On ne peut pas faire plus facile, sauf à mettre en place un processus à l’aide de Subversion : Updating WordPress Using Subversion (en anglais).

Écrivez un article pour annoncer votre mise à jour, lisez un livre ou un article que vous gardiez pour « quand vous aurez le temps », ou, simplement appréciez ces quelques minutes de temps libre qui vous sont offertes.

Exécution ! Mais qu’il est troublant d’apprendre que la subversion rend les choses plus faciles que les indications des autorités en  matière de mise à jour – qui n’hésitent pas à vous intimer l’ordre de vous faire plaisir.

 

Retour sur ces dix derniers jours

Back to blogging 10/10

Voici donc le dernier billet de la série de dix que je me suis promis d’écrire en dix jours. C’est le moment d’un bref bilan sous forme de quelques remarques.

J’ai fait ce que j’avais décidé. En vacances au moment des premiers billets, j’ai continué durant la semaine dernière qui, du point de vue du travail, a été assez rude. Cette forme d’auto-discipline n’a pas été contre-productive.

Le temps que j’ai consacré à ce défi – une heure par jour – est celui que je consacre habituellement à un roman que j’ai en chantier. Impossible d’ajouter simplement les tâches aux tâches. C’était l’un ou l’autre.

Le tiers des billets postés sur ce blog depuis son ouverture il y a deux ans et demi l’a été ces dix derniers jours.

Le nombre de visites de mon site a nettement augmenté dès que j’ai commencé à publier mes posts. J’ai visité le site de quelques autres participants au challenge et j’y ai lu des choses intéressantes. Sans y laisser de commentaires, sauf un. C’est trop peu, j’en conviens.

La pompe est réamorcée ! Je vais continuer, mais à un autre rythme. Un billet chaque semaine, à jour fixe. Voilà pour la règle. Davantage, selon l’occasion et le désir.

Je sais maintenant que c’est possible. Merci à Stephanie pour son impulsion. Happy blogging à tous !

Le mur du papier

Back to blogging 9/10

C’est par commodité que j’ai décidé de réduire la quantité de papier dont je m’entoure, pas du tout en raison d’une conviction écologique attachée à la survie des forêts. Le bois, c’est renouvelable, et les moyens électroniques sont en définitive des consommateurs d’énergie en partie nucléaire, ce qui n’est pas vraiment propre. C’est pourquoi je ne vois pas de raison de renoncer par principe au papier, et j’aurais beaucoup de peine à franchir, en ce sens, le «mur du papier». Pour quatre raisons au moins.

Les livres. Si on aime la littérature, on aime les livres. On ne peut écrire soi-même des livres et ne pas aimer les livres. Ma bibliothèque en compte plus de trois mille, et j’y tiens. Chaque fois que j’en élimine – car il faut bien désherber -, c’est comme un petit deuil, même pour des titres qui sont devenus insignifiants ou pour ceux que j’ai à double. Il m’arrive d’en lire à l’écran ou sur mon téléphone, ça va pour certains genres, mais l’annotation reste malcommode et on ne peut pas feuilleter sa tablette comme on le fait avec un volume. Je n’ai pas d’exclusive, mais je préfère le livre fait avec du papier.

La correspondance. Il n’y a plus que les factures et les demandes de dons qui viennent par la poste. La correspondance personnelle envoyée par courrier postal est devenue rare et d’autant plus précieuse. Je m’en veux de ne pas m’y prêter davantage, tant le plaisir est grand d’ouvrir une lettre (avec un joli timbre) et de découvrir, sur un papier choisi,  une écriture manuscrite.

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Image credit: rook76 / 123RF Banque d’images

Les pense-bête. Bien sûr il y a Omnifocus et autres Evernote. Mais il reste tellement de situations où il faut noter deux trucs en vitesse, faire un bout d’addition, mettre un rappel à l’intention de quelqu’un d’autre. Incontournable, le papier.

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Le bloc-notes dans la poche, avec un crayon ou un stylo. Beaucoup  mieux qu’une note sur un téléphone portable, ou un enregistrement vocal ou le nœud au mouchoir. J’ai bricolé le mien à l’aide de fiches 3×5″ et de modèles trouvés il y a plusieurs années sur www.diyplanner.com. Je ne l’utilise pas très souvent, mais sa présence dans ma poche gauche me rassure : j’ai de quoi écrire, de quoi noter, de quoi donner une note à quelqu’un si nécessaire.

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Comme on l’a montré la vidéo de la semaine passée, le papier a encore de l’avenir.

Writer plus

Back to blogging 8/10

Quand j’ai commencé sur Mac, les traitements de texte étaient peu nombreux. J’ai écrit mon premier livre sur MacWrite. J’ai aussi eu Word en version 1.0. La presse spécialisée française annonçait alors la sortie prochaine d’un nouveau traitement de texte dont le nom était Writer+. Ça m’a fait rêver un moment. Ce + allait faire toute la différence et libérer une créativité insoupçonnée.

La réalité n’a pas été à la hauteur des espérances. Le logiciel est sorti et, à ce dont je me souviens, la presse informatique française l’a salué comme un produit français intéressant mais perfectible, manière de dire leur déception devant ce qui semblait un paquet de bugs. On a donc continué de travailler avec MacWrite et quelques numéros supplémentaires de Word.

Tout de même, il existe maintenant un logiciel assez fabuleux pour qui écrit des textes longs, romans, thèses, pièces de théâtre, scripts, etc. C’est Scrivener. Je en vais pas me lancer dans une longue description du produit, qu’on trouvera sur le site de l’éditeur, Literature and Latte. Scrivener fait tout, sauf la mise en page. On peut y déposer des documents et des médias pour les consulter dans l’interface même du logiciel. On peut associer des métadonnées aux fragments qu’on écrit pour indiquer par exemple si on en est au shitty first draft ou à la rédaction finale. Il permet aussi de réorganiser ses textes très facilement, de fixer certains états du manuscrit, tout en gardant une vue synoptique sur l’ensemble du projet. Et quand on a terminé son projet, on en exporte ce qu’on veut vers un traitement de texte standard ou un logiciel de mise en page.

C’est le top, c’est lui le véritable Writer Plus. Je ne voudrais plus travailler avec autre chose.

Seul bémol, l’interface est en anglais. Mais il vient de sortir aussi en version windows. Tous les travailleurs du texte devraient l’essayer. C’est possible sans frais pendant 30 jours non contigus.

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Dématérialiser la doc

Back to blogging 7/10

C’est peut-être paradoxal, mais je me suis parfois demandé si le succès de GTD ne tient pas en partie au fait qu’il suppose des investissements non seulement en temps, mais aussi en argent, et cela pour le classement des documents à conserver. On peut commencer à appliquer la méthode avec un bloc-notes, un carton en guise de boîte de réception et une corbeille pour jeter l’inutile. Mais si l’on suit David Allen dans sa quête de l’efficience s’agissant de retrouver un document classer, on va passer lourdement à la caisse. En effet, on aura besoin d’une étiqueteuse

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et d’un système de dossiers allant dans un tiroir et donc dans un meuble :

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En zélé disciple, j’ai acheté l’étiqueteuse et récupéré un élément de bureau à tiroirs. Je l’ai repeint parce que sa belle couleur vert pâle style bureau 1960 ne me plaisait pas. J’ai trouvé des dossiers papier qui ressemblaient aux manilla folders de The David. Il en faut beaucoup et ils ont représenté le poste le plus important de mon budget archives.

Pendant une année ou deux, c’était magique. Un document à classer ? Le dossier correspondant n’existe pas ? Hop ! un dossier neuf, une étiquette avec le mot-clé, et rangement par ordre alphabétique. Rapide et propre. Deux minutes, pas davantage. La magie a commencé à jouer moins bien quand mes deux tiroirs se sont retrouvés bourrés au point que je ne pouvais plus rien y glisser. Il a fallu gagner de la place en triant les dossiers et leur contenu pour jeter ce qui était devenu inutile. Et le moment est venu où j’ai dû me rendre à l’évidence: il faut acheter un nouveau meuble ou trouver une autre solution. Aucun meuble disponible en brocante, des prix de fou pour du neuf. La solution a été de consentir à un investissement dématérialisant et moins cher que deux gros tiroirs en tôle : un scanner rapide.

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Tout y passe maintenant: les factures, les coupures de presse, les décomptes, parfois des magazines entiers. Il est rapide et propre, il produit des PDF indexables et les adresse aux applications de paiement ou de classement. Je n’ai plus besoin de tiroirs ni de classeurs supplémentaires, je retrouve tout rapidement avec un ou deux mots caractéristiques du document, et si je dois produire le document sous forme papier, je l’imprime.

Ah, le plaisir de passer ensuite les factures et les bulletins de versement au destructeur de documents !

La capture et les deux minutes

Back to blogging 6/10

J’aimerais revenir sur deux choses que j’ai évoquées hier en vue de gagner un peu de tranquillité d’esprit en s’angoissant moins.

La capture. Partout et en tout temps. Ubiquitous capture, qu’ils disent. Dès que l’idée d’une tâche fait surface, ou une idée tout court, il faut la capturer et pour cela avoir constamment sous la main le lasso adéquat. Au moins un crayon ou un stylo et du papier. Ou une note dans le téléphone. J’ai déjà dit combien je suis distrait. Si j’attrape l’idée quand elle se présente et si je la mets sur du papier ou dans la boîte de réception de l’outil informatique que j’ai sous la main, je suis tranquille, je ne l’oublierai pas. Il faut que ce soit facile, immédiat. Le papier ira dans la boite de réception physique et je l’y retrouverai quand je ferai ma révision en fin de semaine. La facture reçue ira au même endroit et ne sera pas oubliée au moment de faire les paiements. Je fais probablement grand cas d’une habitude tout simple que la plupart des gens connaissent. Pour moi, procéder ainsi a été un grand soulagement.

La règle des deux minutes. Au moment de la révision, prévoir du temps en suffisance. En effet, si on tombe sur une tâche qui peut être faite en moins de deux minutes, il faut la faire immédiatement. Pourquoi ? Parce qu’il faudrait plus de temps pour la noter et la remettre à plus tard que pour s’en acquitter sur-le-champ. C’est aussi simple que cela. Ces micro-tâches sont nombreuses et les négliger fait perdre ensuite beaucoup de temps.

Je n’ai pas eu beaucoup de temps à disposition aujourd’hui pour écrire ce billet. J’en avais noté le thème et je n’ai pas eu à réfléchir pour trouver une idée. Bon, ça m’a pris plus de deux minutes, mais j’ai pu caser le temps de rédaction dans celui qu’il m’a fallu pour rentrer chez moi ce soir avec le train et le bus. C’est déjà ça.

La productivité sans stress

Note (2013-03-20) : j’ai vraiment cru poster ce qui suit hier soir, mais j’ai rédigé en ligne et une panne de connexion WiFi m’a fait perdre presque tout le billet, à l’exception du début. J’essaie maintenant de reconstituer de mémoire ce qui a été effacé. Les gens qui ont essayé d’ouvrir le lien que j’ai tweeté ont dû se marrer : la productivité sans stress, et une page vide…

Back to blogging 5/10

Comme j’ai l’impression d’être peu performant, je lis volontiers les livres qui enseignent à faire plus en moins de temps, à s’organiser en développant une sensibilité nouvelle aux moments qu’on pourrait utiliser pour telle tâche qui attend son accomplissement, à mettre l’accent sur les vraies priorités, dans le style First Things First. Cependant, c’est David Allen et Getting Things Done (GTD) qui m’a convaincu qu’il ne suffisait plus de lire, mais qu’il fallait agir. La productivité sans stress, l’esprit comme une eau tranquille au milieu de l’action, voilà ce que j’ai voulu réaliser.

Avec GTD, on ne vous demande pas quel est le but de votre vie et comment celui-ci doit conduire vos actions les plus humblement quotidiennes (top down), on vous apprend à gérer les choses par l’autre bout, en fonction de ce qui se présente concrètement au jour le jour (bottom up).

Les idées les plus importantes (celles que j’ai retenues et que j’applique) sont les suivantes :

  • rassembler tous les documents, papiers, post-its et autres notes dans le même endroit, dans la boîte de réception. Tout ce qui arrive et qui implique quelque chose à faire doit passer par ici :

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  • examiner les documents ainsi réunis un par un, en identifiant clairement s’il y a ou non une action impliquée
  • si cette action prend moins de deux minutes, l’exécuter immédiatement
  • s’il n’y a pas d’action impliquée, c’est qu’il faut jeter ou classer le document
  • si l’action impliquée prend plus de deux minutes, il faut la noter dans une liste en fonction du projet auquel elle appartient et en relation avec le contexte dans lequel elle doit être faite : dans quel lieu, avec quels outils, en relation avec quelles personnes, etc.

C’est ici qu’interviennent des outils spécifiques. Manifestement, David Allen pensait à des outils papier. Il a développé GTD durant les années 1990 et le modèle qu’il a en tête ressemble plus à un agenda classeur relié cuir d’un kilo, avec les divisions  qu’il faut, qu’à un ordinateur. D’ailleurs, son site propose des accessoires à la vente qui ont longtemps été du papier; ce n’est que récemment qu’il a dépassé le stade des conseils pour bien utiliser Outlook. Il existe maintenant des solutions logicielles qu’on peut utiliser dans une perspective GTD de manière très souple et efficace. Pour ma part, j’utilise OmniFocus dans ses trois versions iPhone, iPad et Mac, toujours synchronisées. Ce que je mets dans la boîte de réception de l’un se retrouve dans les autres, et ainsi de suite. C’est très efficace.

Mais je mentirais si je disais que mon esprit est maintenant comme une eau tranquille au milieu du feu de l’action. Dans son dernier livre, Making It All Work, David Allen reconnaît d’ailleurs que ce n’est pas facile, parce que cela suppose la maîtrise de l’ensemble du processus qu’il propose, et qu’il a d’ailleurs fait un peu évoluer par rapport à la première mouture de Getting Things Done.

Néanmoins, la mise en place d’une partie de la méthode, ne serait-ce que le premier point de mon énumération, permet déjà de réduire le stress et l’anxiété.

Une pomme qui tombait bien

Back to blogging 4/10

Après les agendas papier, je suis passé au tout électronique en 1997 en achetant un Newton 2100, le dernier modèle de la gamme, last and least. Quelques mois plus tard, Apple décidait d’en arrêter la fabrication et le support, alors que ce merveilleux appareil était enfin parvenu à maturité.

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Un vrai bonheur, une fois digéré le prix d’achat (il était horriblement cher). Reconnaissance de l’écriture manuelle, écran confortable par sa taille, intégration parfaite de l’agenda, du carnet d’adresses , des notes et de la liste des tâches, de très bonnes applications tierces, traitement de texte et tableur corrects. Il communiquait avec les téléphones et imprimantes au moyen de câbles, et ça fonctionnait. La gestion des mails était bonne, la navigation sur le web était possible, mais primitive. Son écran noir et blanc (gris foncé sur gris clair, disons) gérait mal les images. Le Newton ne lisait pas les MP3 et se contentait de jeux simples (échecs, backgammon, etc.). Mais on n’en demandait pas tant en 1997. Personne ne savait ce que WiFi veut dire, et les ports USB étaient encore à venir. Mais il y avait deux logements pour des cartes dont j’ai oublié le nom, ajoutant des fonctions ou de la mémoire.

J’ai beaucoup travaillé avec cette machine. Je l’ai ressortie hier de son tiroir pour essayer de la remettre en route. J’ai introduit quatre piles neuves et c’est reparti, j’ai retrouvé mes fichiers, mes notes de l’époque. En revanche, quand j’ai voulu régler la date et l’heure, je suis tombé sur une impossibilité : un bug du système d’exploitation fait que la machine cale au-delà du 5 janvier 2010 à 18:48:31. Il y a des patches de correction que je n’ai pas eu le temps d’appliquer, car pour cela il faut aussi remettre en route un vieux mac doté des ports capables de communiquer avec le Newton. Ce sera pour une autre fois peut-être.

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La nostalgie du Newton ne touche pas que moi. Le site United Network of Newton Archive (unna.org) continue d’être maintenu par quelques passionnés, et on trouve des émulateurs Newton pour divers systèmes d’exploitation.

J’aime le papier – Quelques mots sur l’histoire de mes agendas

Back to blogging 3/10

J’aime le papier, son grain, sa texture, sa teinte, sa main, son parfum. La manière dont il réagit à la plume, au crayon, à la bille du stylo. Merveilleuse matière porteuse de signes et de messages, durable, facile à conserver, immédiatement disponible sans alimentation électrique, utile même pour allumer le feu. Les plus beaux ? Le vergé, le filigrané et celui sur lequel on imprime les estampes et autres sérigraphies. Le plaisir maximal est atteint quand l’accord est parfait entre la plume qui glisse, laissant sa trace luisante, et la page satinée qui la reçoit en surface, là où l’encre sèche au lieu de suive les fibres dans la profondeur du papier. Pour la danse de la plume, les carnets Moleskine sont bons;  les cahiers Clairefontaine flirtent avec l’excellence, mais ils n’ont pas cette belle teinte crème.

J’aime aussi tout ce qui sert à écrire et à dessiner. Quoi de plus beau qu’une grande boîte de crayons de couleur ? Tout ce qui est capable de laisser une marque sur du papier me fascine, pinceaux, calames, stylos, mines de plomb du 5 H au 5 B, avec une préférence pour le 2B, contés, feutres et fusains. Quand je découvre une ville nouvelle, je visite ses papeteries. C’est là que j’achète mes souvenirs.

Il faudrait encore évoquer la typographie. Il y a toujours une émotion à sentir au bout du doigt qu’un papier a vraiment été imprimé : il garde un gaufrage, la marque des caractères de plomb qui ont posé l’encre dans le papier en s’y gravant. Les impressions d’aujourd’hui sont légères et superficielles en comparaison – mais pas moins belles.

Et pourtant, paradoxe, je rédige ces lignes à l’ordinateur, sans même passer par un brouillon manuscrit. Car j’aime aussi la technique, les machines, les bidules électroniques. Mes outils d’organisation sont passés du papier à l’écran. Pas d’un coup ni en une fois : il a fallu que les outils techniques deviennent suffisamment convaincants pour que j’abandonne tout le bel univers sensoriel du papier.

Puisque j’ai promis de parler de mes différentes tentatives d’organiser ma vie professionnelle (au moins celle-là), disons que j’ai fonctionné pendant de nombreuses années avec un agenda à anneaux, une feuille par jour, et des pages pour les notes, les comptes, les adresses etc. J’ai utilisé les modèles Succes Standard de chez Biella (ils sont toujours produits). Ils m’ont rendu les services que j’en attendais pendant au moins 15 ans : gérer mes classes, mes travaux, mes leçons, inscrire les notes, etc. À partir du moment où j’ai eu un ordinateur et une imprimante, j’ai produit mes propres modèles, imprimé les adresses, amélioré l’ordinaire de l’offre standard. J’ai dû acheter une perforeuse capable de faire 6 trous, fort chère. Mais les trous étaient d’un diamètre plus grand que ceux des pages vendues par l’éditeur de l’agenda, ça faisait bricolé, et ça me gênait.

Puis, vers 1990, j’ai craqué pour les organiseurs grand format, reliés cuir. Un kilo au bas mot. Les pages étaient au format A5 et avaient aussi six perforations. J’ai donc pu continuer de me servir de ma perforeuse. Il y avait des divisions plus nombreuses que dans la version Succes. Mais j’ai joué de malchance : l’éditeur que j’avais choisi a cessé de produire ses agendas, et j’ai dû me rabattre sur ceux d’un concurrent, plus beaux, mais incompatibles avec le matériel déjà acheté, parce que les perforations n’étaient pas espacées de la même manière.

Peu après – c’était fin 1997 – j’ai acheté un Newton et j’ai lâché tout ce papier.

J’en parlerai demain.