Roman noir

J’ai déjà dit ici que j’ai écrit un roman dont le titre est Chasseral Love. Au début de l’an dernier, je l’ai donné à lire à des personnes de confiance, qui m’ont communiqué leurs réactions, toutes positives sauf une, la plus difficile à recevoir comme il se doit. Elles m’ont fait découvrir les qualités et surtout les faiblesses du livre : répétitions, insistance excessive sur certaines choses, réactions déconcertantes de certains personnages. Le plus grand défi m’a été posé par l’ami juriste, qui m’a expliqué que ma compréhension du fonctionnement de la justice correspondait à la justice qu’on voit à la télé et dans les films, mais pas à celle en usage en Suisse depuis la mise en application du nouveau Code de procédure pénale le 1er janvier 2011. Aucun des autres lecteurs ne s’était aperçu du problème.

Or mon roman se passe en Suisse. Le défi était difficile à relever, parce que deux ressorts dramatiques importants reposaient sur mon ignorance du droit. Les corrections ont nécessité un travail important. Une chose en entraînant une autre, la révision de mon manuscrit a duré jusqu’au début du mois de décembre. Des centaines d’heures. Tout le livre en bénéficié, y compris les passages auxquels je n’avais en principe rien à changer : chasse aux adverbes, aux adjectifs, aux répétitions, aux lourdeurs, aux briseurs de rythme. Des chapitres ont disparu, d’autres sont nés. Au total, le livre a perdu 10% de son volume, mais il est meilleur.

J’ai pu m’en assurer en le faisant lire dernièrement par quelques personnes du métier. Je sais maintenant que j’ai réussi mon pari d’écrire un page turner qu’on n’a pas envie de lâcher avant la fin, je sais que mes personnages sont plus intéressants et plus crédibles, je sais que j’ai écrit un roman noir.

Roman noir ? Question de genre (littéraire). Au départ, je voulais écrire un petit roman sans prétention, je disais « mon roman de gare », peut-être un polar. Mais mes personnages ont leur vie et l’histoire a pris un tour que je n’avais pas imaginé au début. Chasseral Love n’est plus un roman de gare, ni un polar au sens strict du terme, mais un roman noir, ainsi défini par Wikipedia :

Le roman noir semble difficile à définir de par sa structure instable et ses diverses variations dans le temps. Cependant on peut relever certains éléments récurrents qui le caractérisent : un univers violent, un regard tragique et pessimiste sur la société, un fort ancrage référentiel et un engagement politique ou social.

D’autres thématiques sont présentes mon livre, mais dans l’ensemble, la définition est correcte.

J’attends maintenant le verdict des éditeurs à qui je l’ai envoyé.

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